Dans les jardins de Xochimilco, réseau de canaux et d’iles flottantes, vestiges de l’ancienne Tenochtitlan, que l’on parcourt en barque à fond plat avec auvent pour se protéger du soleil et de la pluie, en famille ou en amoureux, ou entre amis avec les boissons adéquates, de la bière ou de la tequila préférentiellement.

         C’est là, sur l’une de ces îles où parfois s’étalent des cultures maraîchères ou horticoles, qu’on peut tomber sur une propriété défendue par des centaines de poupées suppliciées. Des poupons et des baigneurs crucifiés, décapités, dont on a crevé les yeux, brûlé les membres, arrachées doigts ou barbouillé le corps de peinture rouge, clouées sur barrières ou planches d’un cabanon, pendues à des cordes à linge, ligotées à des arbres. La maison était déserte et en parcourant le terrain habité de cette armée de cadavres torturés de chiffon et de celluloïd, je n’ai pas arrêté de me retourner pour vérifier qu’un type ne se ruait pas sur moi  avec une hache ou n’importe quoi d’autre qui permette de souhaiter une bienvenue définitive à l’étranger. J’ai pensé à L’arbre aux pendus de Jacques Callot et à la ballade de Villon, et à Apocalypse Now aussi quand Willard arrive dans le royaume de Kurtz. C’était pareil.

         Le seul renseignement obtenu sur l’occupant de l’île, laisse penser qu’il s’agissait d’un vieillard misanthrope. On s’en serait douté. Mais comme l’homme est un animal de contradictions, la dernière image révèle qu’il souhaitait en être payé de retour.

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